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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 12:12
" Kinderzimmer ", de Valentine Goby

Résumé

En 1944, à Ravensbrück. Mila, 22 ans, est internée dans ce camp de concentration majoritairement féminin. Les détenues trouvent en leur âme la force de survivre et d'imaginer un lendemain. Mila ignore qu'elle est enceinte...

" Kinderzimmer ", de Valentine Goby

Avis de lecture

J’ai constaté que cette année encore la guerre est un sujet qui nourrit un certain nombre de roman. La nouveauté est à chercher dans un nouvel angle d’approche (comme c’est le cas ici) ou encore dans le sujet puisque certains livres s’attachent à parler de la guerre en Afghanistan par exemple.

Pour revenir à Kinderzimmer de Valentine Goby, un roman que j’ai lu avec plaisir, le 1er chapitre met en scène Suzanne Langlois, rescapé du camp de Ravensbrück, intervenant dans un lycée. Son intervention ne se déroule pas tout à fait comme d’habitude et là voilà qui se replonge dans son passé au camp. Tout y passe : son arrivée, le quotidien, le travail, les conditions de vie (la mort, les maladies, la faim, etc) et la façon dont elle s’en sort. J’ai été un peu perdue au moment où l’on plonge dans son passé. Plus de Suzanne, c’est d’une Mila dont il est question. Cela manque de clarté au début, car Mila semblait être une autre personne, dont Suzanne serait la cousine, enfin c’est ce que j’ai cru comprendre, avant de me rabattre sur l’hypothèse (avéré en avançant dans le récit) que Mila est une autre identité. Mila celle qui a vécu le camp.

Le sujet du roman est donc cette Kinderzimmer, qui n’intervient qu’après une bonne moitié de lecture. Mila arrive au camp enceinte, mais cache sa grossesse à tous et presque même à elle-même dans le sens où elle ne veut pas reconnaitre cet enfant qui grandit en elle. Mettre un bébé au monde dans un camp, cela ne s’est apparemment jamais vu à Ravensbrück. Elle trouve finalement du soutien auprès de quelques autres femmes qui l’aident, la protègent. S’il n’a pas été facile de s’émouvoir, d’éprouver de l’empathie pour Mila, j’ai tout de même été sensible à ses interrogations face à sa grossesse, à ce qui grandit en elle. Mila cette jeune femme fragile, qui ne connait rien du déroulement d’une grossesse. Son ventre, elle le considère comme un lieu que les allemands ne pourront s’approprier, tant qu’elle gardera le secret. A la naissance, le même sentiment de possession l’envahit, alors qu’elle doit nommer son enfant. L’existence de la kinderzimmer nous est alors dévoilée. Peuplé d’autres bébés, tous âgés de trois mois maximum, leur durée de vie maximale d’après Sabine la surveillante en quelques sorte. Dans cet endroit, Mila va connaitre joie, tristesse, deuil, et espoir.

Le livre regorge de réflexions très pertinentes qui nous font réfléchir sur la vie dans les camps, la notion de guerre et son début, sa fin, sur la mémoire, le rapport entre l’histoire et l’Histoire. J’ai notamment apprécié ce passage qui s’attache à parler de ce qu’est perdre et gagner la guerre. Pour Mila, l’Allemagne n’aura pas totalement gagné tant que des déportés seront toujours envie dans les camps, tant que la vie s’y accomplira (le camp c’est la vie comme ailleurs, dit une des proches de Mila. Ils mangent, travaillent, dorment, etc…). De même l’Allemagne n’aura jamais vraiment perdu, car Teresa, Lisette, et tant d’autres sont morts dans les camps.

A la fin du roman, j’ai également apprécié cette réflexion sur la petite histoire et la grande histoire. La petite étant celle de Mila, la grande, celle que les lycéens à qui elle parle apprennent, celle que nous-mêmes avons appris.

Dans son écriture, j’ai noté que Valentine Goby utilisait fréquemment de longues phrases descriptives, faisait de longues énumérations de noms, d’actions, comme pour souligner la pesanteur de la vie dans les camps. J'ai trouvé son écriture juste dans le ton et le style pour retranscrire cela. Pour les thèmes qu'il aborde et la façon dont l'auteur y incorpore des réflexions j'espère que ce livre marquera la rentrée littéraire auprès de nombreux lecteurs.

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Published by aucafelitterairedeceline - dans Rentrée littéraire 2013
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commentaires

Critique littéraire 11/10/2013 15:44

Je pense comme toi que c'est l'angle abordé qui donne l'originalité et la force à ce beau roman.

Aucafelitterairedeceline 01/10/2013 09:32

Merci pour votre visite, oui ce livre est superbe et riche en réflexion.

mimi 29/09/2013 09:36

Une livre magistral. Une écriture sensible. Ce livre nous replonge dans l'enfer des camps. Une piqûre de rappel nécessaire.